Vaginite non spécifique : manifestations cliniques, diagnostic et traitement
Golubova D.Gynécologue, spécialiste de la fertilité, MD
10 minutes de lecture·juin 11, 2025
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La vaginite nonspécifique est une inflammation de la muqueuse vaginale provoquée par des micro-organismes opportunistes de la flore vaginale.
Animation 3D – Vaginite non spécifique
Parmi les causes étiologiques des vaginites non spécifiques, Escherichia coli occupe une place particulière, le principal facteur étiologique étant une hygiène insuffisante ou incorrecte. Les patientes atteintes d’hypo-œstrogénie présentent souvent une vaginite associée à une infection streptococcique.
Les plaintes des patientes et les manifestations cliniques des vaginites non spécifiques sont similaires, quel que soit le facteur étiologique.
Facteurs de risque
Les facteurs de risque comprennent les douches vaginales, les bains (en particulier le bain moussant), l’utilisation de produits d’hygiène intravaginale disponibles sans ordonnance, le fait d’avoir de nombreux partenaires sexuels, l’utilisation de dispositifs intra-utérins et la présence d’autres maladies sexuellement transmissibles. Une prévalence accrue est associée au tabagisme, à l’obésité, à la solitude, à une grossesse antérieure, ainsi qu’à des antécédents d’avortements provoqués.
Manifestations cliniques
La maladie se manifeste par des pertes vaginales abondantes, de couleur grise ou jaune, la dyspareunie et la dysurie. Les démangeaisons vaginales et l’érythème sont parfois présents. Les brûlures, les douleurs ou les saignements vaginaux sont des symptômes rares. Lors d’un examen au spéculum, une hyperhémie de la muqueuse vaginale est observée. Les pertes ne présentent pas d’odeur spécifique.
À gauche : Vaginite non spécifique, vue lors d’un examen au spéculum. À droite : Vaginite non spécifique, paroi latérale du vagin – Modèle 3D
Diagnostic
Examen microscopique des frottis vaginaux humides
Examen microscopique des frottis vaginaux humides : le grossissement du microscope (10X) permet d’évaluer les types de cellules épithéliales présentes (matures, parabasales, basales ou cellules clés) et d’établir la présence de levures ou de pseudo-hyphes. L’objectif (40X) permet de compter les organismes et les cellules dans le champ. En cas de vaginite non spécifique, le nombre de Lactobacillus diminue et celui de cocci augmente. Les espèces de Lactobacillus ont l’aspect de gros bâtonnets. Les Trichomonas vaginalis sont des protozoaires flagellés, légèrement plus grands qu’un leucocyte. Les cellules de levure ont une taille similaire à celle des érythrocytes. Les pseudo-hyphes représentent plusieurs bourgeons qui forment des chaînes.
Test au KOH à 10 % (test d’amines)
Un échantillon séparé de sécrétions vaginales est réservé pour un test au KOH à 10 %. Une augmentation du nombre de bactéries anaérobies (G. vaginalis, Mobiluncus, etc.) conduit à la production d’amines. L’ajout du KOH entraîne l’évaporation des amines et l’apparition d’une odeur « de poisson », indiquant la présence d’une vaginose bactérienne.
Technologies de l’ADN (méthodes de diagnostic moléculaires)
Les technologies de l’ADN constituent une méthode de diagnostic très sensible. Elle permet de détecter G. vaginalis, Candida, Trichomonas vaginalis, Сhlamydia, Neisseria gonorrhoeae, Prevotella spp., Mobiluncus spp., A. vaginae, E. coli, Streptococcus spp.,Staphylococcus spp., etc. Il est également possible d’identifier différentes espèces de Lactobacillus (L. crispatus,L. jensenii, L. gasseri). La vaginite non spécifique n’est pas associée à des agents pathogènes spécifiques.
Test de pH
Le test de pH est effectué à l’aide d’une bandelette introduite directement dans le vagin, le long de la paroi latérale. Ce type de vaginite se caractérise par une augmentation du pH au-dessus de 4,5. La présence de pertes cervicales, ainsi que de sperme et de sang peut faussement augmenter le pH.
Examen microscopique par coloration de Gram (score de Nugent)
Examen microscopique du frottis vaginal par coloration de Gram avec évaluation selon le score de Nugent.
L’isolement des cultures cellulaires joue un rôle limité dans l’évaluation de la vaginite ; cependant, il est nécessaire en cas de formes de vaginite résistantes au traitement standard afin de déterminer la sensibilité aux antibiotiques.
Traitement de la vaginite non spécifique
Le traitement est recommandé pour les femmes symptomatiques. Schémas thérapeutiques :
Métronidazole 500 mg par voie orale ;
Gel de métronidazole à 0,75 %, 1 applicateur par voie intravaginale ;
Crème de clindamycine à 2 %, 1 applicateur par voie intravaginale ;
Clindamycine en suppositoires 100 mg par voie intravaginale.
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Traitement des femmes enceintes
Le traitement est recommandé pour toutes les femmes enceintes symptomatiques ; cela s’explique par le risque des issues défavorables de la grossesse, notamment une rupture prématurée des membranes fœtales, un accouchement prématuré, une infection intra-amniotique et une endométrite du post-partum. Le métronidazole par voie orale est efficace pendant la grossesse. Aucune différence significative n’a été constatée dans l’efficacité du traitement au métronidazole par voie orale et par voie vaginale. Les études actuelles montrent que l’utilisation de la clindamycine chez les femmes enceintes est très sûre et efficace.
FAQ
1. Qu’est-ce que la vaginite non spécifique ?
La vaginite non spécifique est une inflammation de la muqueuse vaginale causée par des micro-organismes opportunistes, tels que les colibacilles, les streptocoques ou les staphylocoques. Contrairement à la vaginose bactérienne ou à la candidose, elle n’est pas associée à un agent pathogène spécifique, mais se développe en raison d’un déséquilibre général de la microflore.
2. Quelles sont les principales causes de la vaginite non spécifique ?
Les principales causes sont une mauvaise hygiène, un déséquilibre de la flore vaginale, une baisse du taux d’œstrogènes (hypo-œstrogénie), ainsi que des infections provoquées par des bactéries opportunistes, notamment Escherichia coli et les streptocoques.
3. Quels sont les symptômes de la vaginite non spécifique ?
Les patientes se plaignent généralement de pertes abondantes de couleur grise ou jaunâtre, de démangeaisons et de brûlures vaginales, d’une gêne lors de la miction et de douleurs pendant les rapports sexuels. L’examen peut révéler une rougeur de la muqueuse.
4. Comment diagnostique-t-on la vaginite non spécifique ?
Le diagnostic comprend l’examen microscopique d’un frottis humide pour évaluer la composition cellulaire et le microbiote, la mesure du pH des pertes vaginales, la coloration de Gram avec évaluation selon le score de Nugent, ainsi que des méthodes moléculaires (PCR) pour déterminer avec précision les agents pathogènes.
5. Comment traiter la vaginite non spécifique ?
Le traitement repose sur le métronidazole (500 mg par voie orale ou gel vaginal à 0,75 %) ou la clindamycine (crème à 2 % ou suppositoires 100 mg par voie intravaginale). Le choix du médicament dépend des manifestations cliniques et des résultats du diagnostic.
6. Faut-il traiter la vaginite non spécifique pendant la grossesse ?
Oui, le traitement est obligatoire, car cette infection peut entraîner un accouchement prématuré, une infection fœtale ou une endométrite du post-partum. Les femmes enceintes se voient prescrire du métronidazole (par voie orale) ou de la clindamycine, qui sont considérés comme sûrs pendant la grossesse.
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